J'en reviens toujours à mes plus anciens amours
J'ai souvent fait part ici de ma dévotion pour le drama ( comme disent les Américains ) DALLAS , et ce soir encore je ressens le besoin de laisser ici , sur ces pages qui sont censées me ressembler , trace de ma passion pour cette série .
Je me fous de ce que pensent ceux qui me jugeront ridicule ou "has been" . Mes divagations bloguesques n'interessent d'ailleurs pas grand monde alors à quoi bon se soucier de ce que l'on dira de moi ?
Tout ce que je sais c'est que cette vidéo découverte à l'instant m'a tellement impressionnée , elle est si représentative de ce que j'ai aimé pendant toutes ces années qu'elle se devait d'avoir une place ici, dans ce qui est mon univers à moi, qui n'a lui rien d'impitoyable .
DALLAS c'était ça ! Et à voir ces images je comprends pourquoi je ne fus pas le seul à en suivre à chaque épisode les inrigues et péripéties .
Accrochez-vous bien à vos selles car vos montures de rodéo ont du feu dans les veines !
Rien de tel qu'un après midi de congé maussade pour replonger dans le passé ( encooooooore me direz-vous ) et découvrir l'histoire de ses ancêtres que les jours de plein soleil vous laissez trainer dans vos albums photos poussiereux au fin fond de vos armoires .
Vous vous dites ca y'est il va nous conter les chieuses aventures de ses ancêtres Lorrains partisans du duc René II qui, au XV ème siècle, bataillèrent dur pour reprendre le duché aux mains du Duc de Bourgogne Charles le Téméraire .
Que nenni! Point n'est question de moi ici. Non , non. Figurez-vous que j'ai retrouvé l'arrière-arrière-arrière-arrière grand-père de mon Chien , le poney Milo!
Au prix de couteux et longs travaux j'ai pu retrouver portrait du poney Emile, fox- terrier en hommage duquel plusieurs décennies plus tard mon poney se fit prénommer du petit sobriquet de Milo .
Je ne détenais que peu d'indices pour mener cette enquête à bon terme. Milo , depuis la date de son abandon, n'avait plus de liens avec cette famille qui l'avait douloureusement laissé à son sort dans une cage grisatre et minuscule d'un refuge francilien . Dans la précipitation du départ il n'avait pu emporter avec lui les seuls liens avec ce passé que sa mère lui contait parfois. Quant à moi, on ne m'avait donné qu'un seul indice le jour de son adoption : son nom, Milo, un nom que je n'ai pas choisi , un nom proche m'avait-on dit de celui d'un prestigieux aieul que depuis je me promettais de retrouver pour redonner sens à la vie sans racines du poney .
C'etait parti! J'ai bataillé ferme ! J'ai défoncé des portes , acheté des informations, lâché les plus beaux sourires, accomplit les meilleurs des gâteries. A tout j'etais prêt à tout pour combler le vide .
Mes dernières découvertes me menèrent dans le cadre d'une exposition du célèbre photographe Robert Doisneau. De lui jusqu'ici j'avoue que je ne connaissais pas grand chose . Hormis ses fameux et mystérieux "amoureux de l'hotel de ville" ou cet écolier pensif assis à son pupitre , je ne m'étais guère jusqu' alors interessé à son travail d'artiste. Et ce fut là pourtant que j'eu la révélation et la satisfaction du travail accompli. Là devant moi se dressait le portrait d'un fox-terrier noir et blanc qui en 1953 posait fièrement derrière son maître sur le pont des arts à Paris . Sur la légende de la photo apparaissait les termes suivants :
"Le poney Emile, illustre compagnon et égérie des plus grands photographes de la place parisienne d'après guerre "
J'avais le nom , j'avais l'année , j'avais la photo.
Je rentrai à la maison à vive allure et raconta mes découvertes au poney qui retrouva sa joie de vivre caractéristique et me manifesta sa reconnaissance de coups de langues auto-nettoyants dont lui seul a le secret.
Milo avait retrouvé ses racines.
Depuis il ne manque pas une manifestation retracant la carrière de son ancêtre dont il est fier de porter le sobriquet .
Et c'est donc ému et heureux qu'il me permet de vous présenter aujourd'hui son célèbre arrière-arrière-arrière-arrière grand-père le poney Emile , fox-terrier dont il sans conteste hérité la photogénie.
Il parait que je suis d'un autre temps , d'une autre époque .
Mon chevalier de mari se réjouissait l'autre soir alors que je m'extasiais un peu devant une nouveauté musicale , qu'enfin j'accepte de gouter à un peu de neuf dans mon monde de vieux . C'est vrai que j'ai sur mon ipod bien plus de vieilleries (poufs ou autres) que de nouveautés décapantes . Entre mes perles des années 80 et mes classiques madonnesques , je ne fais guère de place à ce que lui mon chevalier , ou certains de mes amis ( beausourire en tête ) , se font la joie de découvrir et de mettre en avant ensuite histoire de les faire partager au plus grand nombre .
Et pourtant je ne suis ni inculte ni sourd à toute expérimentation musicale , mais il est vrai que souvent on me fait plus découvrir ces joyaux que je ne les déniche moi-même. Ce fut le cas du dernier album de Nelly Furtado , des deux opus de Feist ( que j'ai savouré en live à la Cigale ),du dernier titre de Morcheeba ou de Goldfrap ( une perle d'émotion) .
Alors suis-je si nostalgique que ça de ce temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître ?
Deux exemples flagrants :
Vendredi , tout frais et en congé , je suis allé retrouvé mon mari travailleur pour déjeuner avec lui . Il me conduisit dans un de ses restaus favoris , je tends l'oreille et voilà que je lui cite tout de go le titre de Michel Sardou qui s'extrait des hauts parleurs de la salle . Non mais quel gay de 32 ans digne de ce nom se souvient encore de "Dix ans plus tôt "? C'est vrai que mon père nous passait la cassette en boucle dans l'auto radio de feu Renault 9 mais de là à...
Ou encore hier soir quant ,en balladant Milo au son de mon ipod , je tachais de me faire à la nouvelle Madonna ( ca y'est finalement suis accro! ) tout en me précipitant sur le morceau suivant de ma liste de lecture daté lui de 1987, prétextant qu'elle ne pourrait jamais faire mieux ...La Isla Bonita !
Et je vous passe les follis et crazys et autre where's the party...
Ca doit être ça, c'est triste mais je m'fais vieux . J'ai un mari "jeune" et curieux de tout, heureusement pour moi, car il me conserve et me tient au courant des derniers bouleversements artistiques . Je ne rajeunirai pas , même ma nouvelle crête sur les cheveux ne réussira pas cet exploit, alors autant que j'arrive un peu à vivre avec mon temps non?
Même si merde qu'il est bon mon terrain de jeux!!
Voilà ça au moins ça a le mérite d'être artistiquement original et classieux !
Cà j'adoooooooooooore ! Et lui au moins ,il est beau ...et sans artifice !